Paris 2024 : L’occasion d’un flashback historique sur l’emblème des JO !

Durant l'été 2024, la France organisera les Jeux olympiques et paralympiques, l'événement sportif le plus regardé au monde ! Après Londres, Paris devient ainsi la deuxième ville à célébrer les Jeux olympiques d'été pour la troisième fois, à cent ans d'écart (1900, 1924 et 2024). Son emblème sera le 44ème de l’histoire des JO, l’occasion de revenir sur ce qui fait l’univers graphique des JO et de ses pays hôtes.

5 anneaux signés de Coubertin

Au cours de l'année 1913, Pierre de Coubertin, imagine un emblème qu'il veut le plus universel possible pour symboliser la rénovation des Jeux olympiques. Il dessine cinq anneaux interconnectés représentant les cinq continents unis par l’olympisme, et reprenant les couleurs des drapeaux de toutes les nations. Le symbole apparaît alors sur ses courriers dessiné de sa main, il le dévoilera officiellement dans la Revue Olympique en 1914.


Lors de la cérémonie d'ouverture du Congrès olympique qui célèbre la rénovation des Jeux le 15 juin 1914, les Français découvrent ce symbole olympique flottant au fronton de la Sorbonne. Il sera présent partout lors des festivités. Mais les Jeux de 1916, prévus à Berlin en Allemagne, sont annulés par la guerre mondiale. La présentation des anneaux olympiques s’en trouve repoussée. Ce n’est qu’en 1920, lors des Jeux d’Anvers (Belgique), que le drapeau olympique est inauguré et révélé mondialement. L’identité visuelle olympique est née, jusqu’à devenir aujourd’hui l’une des marques les plus connues au monde ! À chaque édition, elle s’associe à l’emblème olympique du pays hôte.

© Crédit photo : archives CIO. Lettre de Pierre de Coubertin, fondateur du
Comité International Olympique, avec logo olympique dessiné de sa main (1913).

Jeux d’emblèmes, jeux de patries

C'est à partir des Jeux de 1924 à Paris qu'un emblème national est utilisé pour la première fois. Mais ce sont surtout les Jeux de Tokyo en 1964 qui seront les premiers à mettre en place une identité complète avec logo, affiche, et pictogrammes. Ils seront vite imités par les pays suivants. Le graphisme ‘’pop’’ des Jeux de Mexico 68 ou l’hypnotique logo de Munich 72 ne manqueront pas d’être particulièrement remarqués ! Voici un petit tour d’horizon des emblèmes et quelques anecdotes ou controverses à leur sujet.


L'emblème des Jeux de Tokyo 1964 a été réalisé par le célèbre graphiste japonais Yusaku Kamekura. La légende raconte qu'il l'a conçu en quelques heures, reprenant tout simplement le cercle rouge du drapeau japonais qui symbolise la déesse du Soleil, Amaterasu, dans les croyances shintoïstes.


Pour Mexico 1968, nous plongeons en pleine innovation "pop art", mais pas seulement ! L'emblème s'inspire aussi des graphies mexicaines-précolombiennes pour jouer de la géométrie des cinq anneaux olympiques et révéler le chiffre 68. Il s’enracine ainsi dans la culture mexicaine ancestrale et dans une modernité très populaire.


Tabernacle ! À la révélation de l’emblème olympique de Montréal 1976, certains y ont vu un injurieux doigt d’honneur. À l’origine, le créateur du logo voulait représenter les cinq anneaux surmontés d’un podium pour symboliser « la gloire des vainqueurs et l’accession de Montréal au rang de ville olympique ». Pas sûr qu’il y soit vraiment arrivé…

Partons maintenant un peu plus au nord où se tinrent les Olympiades de Los Angeles 1984. Son emblème représente les étoiles du drapeau américain avec ses couleurs bleu-blanc-rouge. Travaillées dans un effet filaire, elles évoquent la vitesse, le mouvement, et le dynamisme des épreuves olympiques et de leurs athlètes. Comme des sprinters à toute allure sur une piste !


Retour en Europe avec les Jeux de Barcelone 1992 et leur logo célèbre pour sa simplicité : trois traits de pinceau superposés, aux couleurs de l'Espagne, figurent un/une athlète en train de s’élancer. Le point bleu de la tête fait référence à la mer Méditerranée qui borde Barcelone.


La même idée sera développée pour représenter les Jeux de Sydney 2000 : à gros traits, un/une athlète en action dont les bras et jambes sont représentés par des boomerangs. Le personnage est surmonté d’un éclair bleuté en référence à la mythique crête de l'Opéra de Sydney. Les couleurs évoquent le soleil d’Australie, sa terre rouge et sa mer.


Venons-en à l’emblème de Londres 2012 qui fut détesté de tous, mais surtout de l’Iran. Tout le monde n’a en effet pas lu le chiffre 2012 graphiquement stylisé qui avait été imaginé. Le monde entier le trouve laid, mais le Comité olympique iranien le trouve insultant et raciste. Il y voit les lettres S, I, O, N. Un terme qui désigne Jérusalem, capitale d’Israël, dont la République islamique d’Iran récuse l’existence.


Quant au logo de Pekin 2008 (Bejjing en caractère romains), il a été la cible de détournements pour dénoncer les répressions du régime chinois et ses faibles dispositions à l’égard du respect des Droits de l’Homme. Reporters sans Frontières réalisa d’ailleurs une campagne avec les anneaux afin de mettre les Droits de l’Homme sous les projecteurs des JO de Pékin.

Exemple de caricature sur le Net

© Crédit photo : Reporters sans frontières

Dernière controverse en date ? L’emblème des JO de Tokyo

La création de l’emblème des Jeux olympiques de Tokyo 2020 a fait grand bruit ! Dès sa diffusion, un designer belge, Olivier Debie, l’accuse d’avoir plagié son travail sur le logo du théâtre de Liège. Le Comité d’organisation des jeux de Tokyo nie toute ressemblance mais choisit néanmoins de lancer un nouvel appel d’offres.



Ce sera la proposition de l’artiste Asao Tokolo qui sera retenue : un design à damiers bleu indigo, couleur traditionnelle japonaise et symbole de raffinement de l'archipel. Composé de rectangles différents, il incarne au travers des Jeux, un message d'unité dans la diversité.


Les logos se suivent et se ressemblent-ils ?...

Après que le logo de Tokyo 2020 eut défrayé la chronique, Paris 2024 pris la même tangente.


Proposé pour la candidature de Paris et imaginé par l’agence Dragon Rouge, le logo Paris 2024 révélait un savant mélange de la Tour Eiffel et du nombre 24 (en écho au centenaire des derniers Jeux organisés dans la capitale en 1924), le tout habillé aux couleurs vives du CIO… Jusqu'à ce qu’un Twittos décide de refroidir l’ambiance et dénonce sa troublante similitude avec celui d’une agence de consulting londonienne spécialisée dans le sport (4Global).



Un nouvel emblème est alors choisi, conçu par le designer Sylvain Boyera, en collaboration avec l’agence Royalties-Écobranding. Mais la polémique se poursuit : on le juge pauvre et inapproprié à l’événement. À peine dévoilé, il est déjà détourné sur la Toile.



Paris 2024, l’emblème sera commun pour la première fois

Rond, graphique, le visage des Jeux de Paris 2024 est le résultat de l’assemblage de trois symboliques : la médaille d'or, la flamme olympique, la Marianne. La typographie fait référence à l’Art déco et au Paris des années 20, décennie des derniers JO de Paris (1924).

Pour la première fois dans l’histoire des JO, l’emblème sera commun aux Jeux olympiques et paralympiques. Un symbole fort qui met tous les athlètes de ces Jeux à égalité, et une façon de passer le flambeau de Jeux plus inclusifs. Peut-être le plus important à retenir...



Film de présentation du logo



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